vendredi 13 mars 2009

... aller à la rencontre des singes

Pour nous, tout va pour le mieux !!!

Nous avons une petite maison tranquille de 3 pièces, une cuisine assez sommaire mais, depuis hier, avec un frigidaire rouge (il n'est pas encore sur le blog...). On s'est déjà fait un réseau social car dès la première semaine, Jean-Christophe et moi, aidés par Edmilson, le coordinateur Nordesta, nous sommes allés rencontrer le préfet (qui ne nous a pas attendu avec un buffet, ouf !), le secrétaire de l'environnement (le fameux Fafa), le secrétariat de l'éducation et toutes les directrices d'école du coin.
On a bien travaillé, déjà : on compte créer une pièce de théatre pour chacune des écoles (5) et un festival écologique durant la semaine d'ação ambiental, du 1 au 7 juin. Parmis les activités prévues : invitation d'un chanteur peu connu mais dont les chansons parlent d'écologie (Deusamar Santos), organisation d'ateliers d'artisanat (eh oui !) de recyclage, invitation de la population à venir à la pépinière (viveiro) avec discours des autorités pour l'ouverture et projection de films écologiques tous les soirs...

C'est pas beau, ça ?

Voilà donc un peu de notre quotidien ici pour l'instant. La semaine prochaine, on va commencer à donner les cours de théâtre aux jeunes.

Le week-end dernier, on s'est offert une petite promenade à Boa Vista. Un parc naturel à une 50aine de km de là. En fait, pour y arriver, il faut prendre pendant une heure un vieux bus style des années 50 sur une route pleine de trous et de sable puis marcher pendant 1h dans le sertão (forêt éparse et sablonneuse). Heureusement, nous avions un guide : Marcio, le fils de Mauro, le propriétaire du parc naturel et grand protecteur de la nature. Lá, nous sommes arrivés chez eux et avons passé le w-e à nous promener et à découvrir la nature d'ici. C'est incroyablement beau ! On va mettre des photos sur le blog. Il y a ici les singes les plus intelligents du monde, capables d'utiliser des outils, des araras hyacintos, des champignons lumineux (mais oui, rien que ça !!!). Vous pouvez voir des photos sur ce site : www.greenwingvalley.com ou trouver l'édition de décembre 07 du national geographic...

On a dormi dans des baraquements prévus pour les scientifiques qui viennent étudier la région et les macaques. C'est vraiment super. On va y retourner sans doute 1 w-e sur 2. Maria, la femme de Mauro nous faisait à manger et Mauro nous faisait visiter les environs. Le soir, on mangeait avec les 3 scientifiques qui travaillaient à Boa Vista. C'était vraiment super chouette.

On vous mettra des photos dès que possible.

... inventer des étagères

mardi 10 mars 2009

... arriver à Gilbués

Ca y est ! On parvient enfin à vous donner des nouvelles !

Après un voyage de 12h jusqu’à Picos, 12h d’attente et un second voyage de 13 ou 14h jusqu’à Gilbués, nous voici arrivés.

Nous avions pour toute indication « Allez à la maison du Fafa, derrière la poste ». Dans le bus, nous avons rencontré une femme qui nous a dit qu’il valait mieux descendre devant la poste que d’aller jusqu’à la rodoviaria (gare routière) car elle se trouvait très loin. Ce que nous avons fait.

Dès que nous sommes descendus du bus vers 11h ce dimanche matin 1er mars 09, Edmilson, le coordinateur de Nordesta, comme sortant de nulle part, a accouru vers nous au milieu de la rue. Lui, c’est un phénomène. Il a un enthousiasme, une énergie débordante et une confiance incroyable en ce qu’il fait. On aura sans doute l’occasion d’en reparler.

Sur le chemin de la maison, Edmilson nous a présenté à Marinho et Paulinho qui étaient là par hasard, deux personnes qui donnent de sacrés coups de main à Nordesta. Ils nous ont donné « uma carrona », c'est-à-dire qu’ils nous ont pris en stop et nous ont amené jusque chez nous. Il faut dire qu’ici, les deux problèmes principaux qu’on a, ce sont les transports et les moyens de communication. Les transports parce que les routes sont souvent ensablées et, dès qu’on sort de la ville (11 milles habitants environ), les routes deviennent carrément précaires et seules des 4x4 peuvent passer. En outre, Nordesta ne dispose d’aucun véhicule. En ce qui concerne les moyens de communication, aucune compagnie de téléphonie mobile ne couvre ce secteur, les téléphones publics sont souvent de piètre qualité : ils n’acceptent pas la carte à unité neuve, ou alors la communication coupe très souvent ou encore ils ne fonctionnent carrément pas). Pour ceux qui veulent se risquer à nous téléphoner, je vais voir avec notre voisine, Shiley si je peux vous donner son numéro car, évidemment, nous n’avons pas de ligne fixe. Et pour internet, le seul internet café de Gilbués ne fonctionne pas en ce moment pour une raison que nous n’avons pas bien saisi (je crois changement de système de fonctionnement ou alors changement de patron… ?) Nous avons donc la chance de pouvoir utiliser le système internet du centre CRAS (centro de referência de assistância social, qui n'a pour l'instant pas fonctionné) ou de l’université. Seulement, c’est à chaque fois une expédition car c’est loin et les horaires sont variables. Il faut donc avoir pas mal de temps devant soi pour aller sur internet.

Je continue mon récit. Edmilson nous a donc accompagné à notre maison, mise à disposition par le préfêt de Gilbués grâce aux talents de négociateur d’Edmilson. On a un appartement de 3 pièces, avec douche chaude et wc, du carrelage… Il faut vous dire qu’avant de venir ici, on avait plutôt peur car tous les brésiliens que nous rencontrions sur la côte et à qui on parlait de notre projet faisaient une tête pas croyable et nous prenaient pour des fous. Une Carioca nous a même dit que nous allions tout droit à la « sucursal do inferno ». Une autre nous a très gentiment offert des graines de rucola et de concombre à planter, pour le cas où il n’y aurait que de la viande à manger. Bref, j’avais imaginé le pire. Vivre dans une baraque en toit de palme avec un sol en terre et plein de bébêtes partout. En fait, pas du tout. On a même un jardin où planter la rucola et le concombre !

Il nous a laissé une heure, le temps de se doucher et de poser nos affaires avant de nous emmener dans un restaurant. Au menu : salade, riz et haricots. Repas bien traditionnel et délicieux. Je ne sais pas si je dirai encore cela au bout de 4 mois, mais j’ai eu bcp de plaisir à manger cela. Le tout arrosé de Coca, qui est devenu notre ami depuis que l’on voyage, car, comme chacun sait, cette boisson est tellement corrosive qu’aucune bactérie n’y résiste !
Durant ce repas, Edmilson nous a parlé de l’urgence de commencer le travail car ici, la population a déjà vu défiler plusieurs ong et aucune n’a fait concrètement quelque chose. Nous avons donc élaboré ensemble un plan de travail.

Le lendemain matin, lundi, nous sommes allés voir la pépinière qu’Edmilson a fait construire depuis son arrivée ici à Gilbués il y a deux semaines, puis le préfet, le secrétariat à l’environnement de la municipalité, la secrétaire à l’éducation puis le département entier du secrétariat à l’éducation afin de nous présenter et présenter notre projet dans les grandes lignes (reforestation et éducation). L’après-midi, nous sommes allés voir le padre de l’église catholique qui a mis à disposition une salle afin que nous puissions travailler et le centre CRAS où nous avons rencontré l’assistante sociale et la psychologue qui se trouve être notre voisine ! Quand je vous disais qu’Edmilson est efficace (voire hyperactif…).

Gilbués a une très mauvaise réputation dans tout le Brésil car par deux fois la télévision nationale en a fait le sujet d’un reportage destiné à faire sensation en ne montrant que les mauvais côté de la région : la desertification. Pour une personne qui ne connais pas la région, Gilbués est devenu le lieu le pire du Brésil où les gens risquent à tout instant de finir englouti sous un tas de sable. Or, s’il est vrai que la déforestation est la cause du processus de désertification en œuvre ici, la ville est loin d’être ensevelie sous le sable. La saison des pluies vient de passer et je vois énormément de verdure autour de la ville. Peut-être que d’ici 2 ou 3 mois, je ne verrai effectivement qu’un désert, mais j’en doute. En bref, nous rencontrons beaucoup de personnes ici en ville qui nous parlent de leur amour pour leur ville, et qui cherche à redorer le blason de la ville.

Mardi, nous sommes allés parler avec les directions de 4 écoles. Une réunion est prévue pour la semaine prochaine afin que tous les intervenants se réunissent pour que chacun tire à la même corde. Il s’agit de créer un festival lors de la semaine de l’écologie du 1er au 5 juin 09.
Le soir, nous avons passé des heures avec Marinho. C’est une personne incroyable, passionné par les singes et la nature environnant Gilbués. Il a grandit dans le sertao et depuis tout petit, il étudie les « macacos pregos », une espèce de singe qui sait utiliser des outils ! C’est sa passion. A côté, pour gagner sa vie, il est professeur. Il reçoit souvent des étudiants qui viennent faire des recherches. Il nous a même montré des photos qui sont passées dans le National Geographic et des films fait par la BBC et la télévision japonaise ! C’est une star internationale et si humble… Il nous emmène ce w-e passer deux jours dans le sertão.


Ce matin nous avons rencontré la cinquième école avec qui nous allons travailler et fait une réunion avec Edmilson qui doit partir coordonner d’autres projets de Nordesta. Il revient lundi.

En bref, cela fait trois jours que nous sommes là et on travaille déjà à fond. C’est chouette. On rencontre beaucoup de monde et on élabore le projet théâtre. Je me réjouis de vous en dire plus la prochaine fois que nous aurons accès à internet…

... un carnet de travail

Voici un extrait de notre carnet de travail ici à Gilbués:
25.3.09
o Premier cours de théâtre avec le groupe d’élèves (10 élèves, 2 doivent encore rejoindre le groupe) de l’école Denilde Alencar, sur le thème de réchauffement climatique global. Très agréable surprise, ces élèves sont très informés, très enthousiastes et concernés par les problèmes de préservation de la nature. Ils connaissent le processus de réchauffement climatique à fond. Le travail en amont avec les professeurs apparaît être essentiel à réaliser. Les professeurs, tout du moins pour cette école, sont réellement devenus des facteurs multiplicateurs de protection de la nature. Nous expliquons d’ores et déjà la trame de la pièce. Après le cours, nous nous rendons au Viveiro pour le présenter aux élèves. Nous ramassons des déchets de façon ostentatoire devant la population éberluée. Les élèves nous invitent à aller visiter la déchetterie qui s’avère bien plus loin que prévu. Il fait très chaud. Nous nous arrêtons au « Breijo » rivière dont la source se trouve à Gilbués même. Cette rivière s’assèche peu à peu. Des déchets sont présents dans le lit de la rivière. Un passant nous demande ce que nous faisons. Un enfant répond que nous retirons les déchets de la rivière. Le passant semble étonné et continue son chemin. Nous nous arrêtons dans la famille d’une élève. Nous buvons un peu d’eau en expliquant quelle est notre cause. La route en terre battue est de plus en plus jonchée de déchets. Puis nous arrivons à la « déchetterie » et nous constatons l’horreur : une décharge au bord d’une rivière… polluée. Aucun tri des déchets organiques et autres. Les élèves nous demandent de prendre des photos du « massacre ». Une camionnette des déchets vient décharger sa cargaison. Nous lui demandons de nous ramener au centre ville. Les employés acceptent gentiment. Autre manière de ne pas effectuer de clivage et de montrer que les employés de la commune ne sont pas « méchants » même s’ils laissent les déchets dans la nature. Nous invitons les enfant à parler à leur parents de ce qu’ils savent et à venir la prochaine fois avec des sacs afin de récolter des déchets dans la rue après le cours.

... faire vite

26 mars 2009

Ainsi donc, chers lecteurs, la connexion internet est plus qu'incertaine ces jours-ci. Pour faire vite, (avant que ça ne coupe). Nous n'avons pas de téléphone, mais une adresse (enfin):
Séverine & Jean-Christophe, Nordesta, rua 13 de Maio 991, 64.930-000 Gilbués-Piauí, Brésil.
Je pense que le chocolat et la fondue ne tiendront pas le voyage, mais pour vos lettres, pour le CENOVIS (Séverine vous le demande) et pour tout le reste, nous les recevrons avec grand bonheur. Nous pensons beaucoup à vous tous, vous nous manquez souvent. J-Ch & Sév.

P.S. Val, ton mail m'a fait très plaisir et je me réjouis de te répondre dès que possible. Sév.
P.S. 2 (ce n'est pas un video game) Nico, mon frère, je t'aime très fort également et je pense chaque jour à toi. J-ch.
P.S. 3 On embrasse nos nièces et neveux très fort et toute la famille.
P.S. 4 Non ce n'est pas pour recevoir le Cenovis qu'on écrit ça !

...y vivre

Voilà à quoi ça ressemble, Gilbués : tout le monde se déplace à pied, à cheval en vélo en moto ou en 4x4. Les routes, paraît-il, vont s'ensabler au fur et à mesure que nous nous éloignerons de la saison des pluies...

D'autre part, le plan d'urbanisation ressemble beaucoup à celui de la Chaux-de-Fonds.

La Chaux larguée au far-ouest ! Voilà ce qu'est Gilbués !!!


... pour faire 30 heures de bus

... dans un bus réfrigéré (ici la première tranche de 12h de Recife à Picos). Et moi qui croyait ne pas avoir besoin de ma polaire ! J-ch